Grand dessin de plusieurs clés
Autour du projet avec la pédagogie Germaine Tortel
Illustration de projet réalisé avec la pédagogie de Germaine Tortel

Pédagogie du projet et école maternelle.

Le premier temps apparaît comme une quête, une enquête, le second temps mêlant, à leur heure, la requête et la conquête. Si le second temps est le plus long, puisqu’il est celui de l’activité enfantine, il ne faudrait pas méconnaître l’importance de la recherche. « Donnez-moi une idée judicieuse et je peindrai le monde. Une idée qui plaise à l’enfant (lui seul peut le dire) et qui ne l’écrase pas (c’est à la maîtresse d’en juger). Mais si le volontariat (si possible enthousiaste) s’impose, il n’est pas dit que l’idée ait jailli, toute armée, du front de l’enfant. Si l’étincelle première, le mot générateur, proviennent d’un débat en classe, il convient que l’enfant les ait agréés comme siens. En bref, il serait souvent sans issue de vouloir attendre que les enfants découvrent eux-mêmes un thème d’activités ultérieures. A l’opposé, il serait sans efficacité de le leur imposer. La solution, là encore, se situe entre la feuille blanche (qui restera éternellement blanche si l’instituteur n’intervient) et le texte imprimé fourni et exigé ne varietur. Il est bien maladroit, l’enseignant qui ne peut suggérer - suggestion, non sujétion – à l’enfant l’image qu’il choisira dans ce monde d’invites que lui fourniront dix récits ou lectures, des chansons ou des illustrations, des objets ou de la musique. Il est bien pauvre l’enfant qui ne trouvera pas, dans ce monde d’images, quelqu’idée qui lui sera familière, quelqu’incitation qui lui paraîtra naturelle et sienne, car tout se passera de façon telle, que l’enfant aura l’impression, la certitude d’avoir trouvé lui-même les mobiles de l’action qu’il a choisie.

Qui ne voit l’importance de cette phase d’enfantement du projet. La réussite de l’entreprise en dépend. Nul mieux que Germaine Tortel n’a insisté sur le temps des ensemencements. Le savoir faire commence par un faire savoir. Pédagogie de l’initiative, de l’incitation, de la provocation. L’enfant est investi. Chaque mot est un tremplin d’images et l’un d’entre eux déclenchera l’étincelle, cet ébranlement émotif qui est, chez l’enfant, la première forme de l’ébranlement gestuel.

Jean Vial, professeur d’Université

Illustration de projet réalisé avec la pédagogie de Germaine Tortel

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