Grand dessin Deux personnes qui se donnent la main
Les expositions de l'Association Germaine Tortel
NOTRE EXPOSITION

Date : Du 3 au 5 juillet 2015

Congrès AGEEM

Et moi aussi je pense...

Salon associatif, Hall La Pérouse, Stand numéro A5


Elles ont pour objectif de mettre en valeur l’intérêt et la force de la pédagogie Germaine Tortel, pédagogie d’initiation capable de révéler les richesses en puissance chez l’enfant.

« Tels qu’en eux même, enfin l’éducation les changent »

Il ne faut pas aller à nos expositions avec l’idée préconçue qu’on ne fait que du dessin dans ma circonscription. Les enfants n’en font pas plus qu’ailleurs, ils n’en font pas tous les jours, mais lorsque le projet est né, lorsque le dessin entre dans le jeu, il est mené en lui-même jusqu’à son achèvement, en tant qu’œuvre, en tant que témoignage. Il est pris en considération, par rapport à ce qu’il apporte, aux jugements informateurs dont il est l’origine et qu’il soutient.

Ces dessins ont été exécutés avec sincérité, dans une perspective de travail éducatif quotidien, sans aucune ambition d’être montrés au public. Ils sont un témoignage parfaitement authentique du dessin enfantin dans les classes maternelles que j’oriente, et de la création plastique sous toutes ses formes privilégiées : exécutions manuelles, modelages, céramiques. Ils ont été réalisés avec spontanéité, mais culture éducative. Il y a là des témoignages, pour nous infiniment précieux et révélateurs de la qualité de culture spécifique qui peut être donnée à des enfants de cet âge. Expériences faites, nous sommes bien loin de penser que l’enfant doit être laissé à lui-même, en face de pots pleins de couleurs… Tous ces pots ne sont que de la matière brute, des mots possibles, mais n’organisent pas le langage qui leur donne vie, signification.
Or, l’enfant de deux à six ans forme tous ses moyens d’expression au contact d’une vie qui, pour être inspiratrice, doit le provoquer, le solliciter sans cesse…
De même qu’il n’arriverait jamais à parler s’il n’était plongé dans cette musique incessante du langage, de la conversation humaine, il ne s’exprimera que pour autant que les valeurs de l’art se découvriront à lui par des contacts multiples, une dialectique infiniment riche, puissante, nuancée, autour de ses productions frustes.
L’enfant lance ses formes, les essaie sur le public enfantin, la dialectique de l’art s’installe avec une candeur totale, tout étant toujours accueilli, valorisé, justifié. Ainsi naît, au gré d’une vie d’atelier, d’essais, d’expériences sur le dessin fruste, sur l’ébauche première, ce désir de s’exprimer plus complètement, d’être soi-même en pleine conscience de soi. Ainsi se forme, au gré de prises de conscience successives, un enfant conscient, en lui, de la présence de l’art.

(Introduction de G. Tortel lors de l’exposition qui portait le même nom à INRP rue d’Ulm, ce fût sa dernière exposition réalisée de son vivant.)

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